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Note de mise en scène
Projet singulier que celui de Darina Al Joundi et c’est certainement pour cela que j’ai accepté de la diriger et mettre en scène « Le jour où Nina Simone a cessé de chanter »…
L’actrice se trouve être (avec la complicité de Mohamed Kacimi) l’auteur de sa propre histoire et quelle histoire ! Celle douloureuse mais aussi enchantée d’une jeune femme qui ne cesse de dire au fond l’amour d’un père et surtout l’amour de la liberté transmis par lui. Mais assumer cette liberté dans un pays en proie à la guerre, l’obscurantisme et la jalousie, cela oblige à mener une autre guerre, tout aussi terrible, vis-à-vis de soi et des autres. Et ce combat sans répit, loin d’entraîner la protagoniste dans la spirale du désespoir et de la mort, la pousse au contraire vers une résistance hors du commun et une envie forcenée de vivre. Cette pulsion salvatrice nous donne, à plus d’un titre, une belle leçon d’espoir et même d’optimisme…
Comment traduire sur un plateau de théâtre cette réalité ? Comment construire une œuvre de fiction tout en cherchant à débusquer la ou les vérités de cette femme ? L’aspect autobiographique rend nécessaire la sincérité avec laquelle l’actrice devra jouer. Mais la sincérité et le rapport à la réalité ne doivent pas empêcher, bien au contraire, les plongées dans le rêve ou le phantasme : ils font partie intégrante de Noun le personnage et la quête de vérité qu’elle a choisie de mener. L’introspection au scalpel de la mise en scène prend ici des allures de chemin initiatique.
Noun nous parle de sa vie sans détours, sans pudeur. Elle se raconte et nous raconte ce qui se passe en elle et autour d’elle. Nous écoutons et vivons sa confession. Elle nous émeut parce qu’elle se dépeint avec lucidité, sans concession aucune. Nous devenons à la fois son confident et son témoin. L’acte théâtral se menant sans emphase, ni lyrisme excessif, ni pleurs sentimentalistes, souvent dans un chuchotement. La mise en scène doit servir cet acte et ce constat d’authenticité à tous les niveaux et retranscrire la vie telle qu’elle est, à l’intérieur comme à l’extérieur : crue, cruelle, douce, amère, exquise, sauvage, complexe et donc pleine de paradoxes !
Alain Timar
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